samedi 22 juillet 2017

CHÂTEAU DE SAINT-MIHIEL

LE CHÂTEAU DE SAINT-MIHIEL (55):

LE ROI LOUIS XIII FAILLIT ETRE TUE LORS DE SON SIÈGE

SITUATION

Le château de SAINT-MIHIEL se trouve sur la commune de même nom. Il domina la ville à 290 mètres d'altitude au sommet de la colline dite "Des Capucins". 


HISTOIRE

Le château voit le jour au XI° siécle, suite à la volonté de la comtesse Sophie DE BAR, épouse de Louis de MOUSSON. Cette naissance est contemporaine de la querelle des investitures. Louis de MOUSSON soutient alors le pape GREGOIRE VII contre l'empereur HENRI IV. Il est appuyé dans sa position par l'abbé de SAINT-MIHIEL SIGEFROI qui se met alors en conflit avec l'évêque de VERDUN. Les époux constructeurs du château s'éteignent en 1092. L'abbé UDARIC achète la forteresse au compte RENAUD DE BAR. La vie du château sera mouvementé, plusieurs fois détruit et reconstruit. Au XIII° siècle la peste fait des ravages. De plus le belliqueux sire de PIERREFORT en profite pour piller la contrée. SAINT-MIHIEL va se fortifier. Les remparts de la ville rejoignent le château qui possède alors trois tours et un énorme donjon triple tourné vers la ville. Au traité de BRUGGES en 1301, SAINT-MIHIEL fait partie du BARROIS NON MOUVANT.

Lorsque le duc de Lorraine RENE Ier unificateur des duchés de Lorraine et de Bar entre en ville, il délaisse le vieux château et préfére loger dans un manoir situé en ville et nommé "Maison du roi", achetée à Jean DE MANDRES, seigneur de MANDRES AUX QUATRE TOURS - voir ce nom. Les duc de Lorraine séjourneront dans ce manoir jusqu'au règne de CHARLES III qui y installe un bailli. Celui-ci exerce un pouvoir dit de ''Justice retenue'' au nom du duc de Lorraine. Cette jurudiction dite "COUR DES GRANDS JOURS" est rattachée à la Cour souveraine de NANCY supprimée en 1751 par le roi STANISLAS. Les baillis seront Collignon DE KOEURS (1269), Jehan DE CONDE (1340) Jean Des ARMOISES (1402), Jean De LENONCOURT ( 1495), Jacques Du CHÂTELET (1533), René de BEAUVAU (15643), Pierre de WATRONVILLE ( 1557). Puis aux XVI et XVII° siècles, Louis-Théodore de WATRONVILLE, Enard-Florent du CHÂTELET. De REIGECOURT en 1703 et enfin, le dernier Du HAUTOY en 1789.

Pendant ce temps, notre château sert de prison. C'est la guerre de Trente-Ans le roi de France LOUIX XIII occupe la Lorraine avec son armée. Il nomme un intendant par l'édit de MONCEAUX. En 1635, le roi assiège SAINT-MIHIEL. Dès 1632, ses armées ont envahit le pays. Le souverain loge au château de KŒUR - voir ce nom. En 1634 Le colonel LENONCOURT DE SERRE a chassé de la ville les occupants et fait renforcer l'enceinte urbaine et le château. LOUIS XIII commande le siège à la tête d'une armée de quinze mille hommes. Le 29 septembre la ville est bombardée. Le 30, LOUIS XII parait en personne. Une délégation menée par l'abbé se rend devant le monarque. Celui-ci accepte d'épargner les habitants si quinze officiers et quinze bourgeois se rendent.  LENONCOURT refuse et les tirs reprennent. Lors des combats le roi de France a failli être tué par un boulet de canon tir venu des défenseurs de SAINT-MIHIEL et qui a détruit son carrosse. Finalement les bourgeois ouvrent les portes à l'envahisseur. LENONCOURT est emprisonné à la BASTILLE, la ville doit payer une amende de 447 000 francs barrois et des otages sont emmenés. De plus, les habitants de SAINT-MIHIEL sont contraints de démanteler leurs fortifications et leur château. Ensuite les ramées de TURENNE et celles dites des Suédois anéantissent la région et font disparaître plusieurs villages. Parmi ces militaires, une dame guerrière lorraine, BARBE DE SAINT-BASLEMONT ( voir château de SAINT-BASLEMONT) participe à ces pillages avant de prendre pitié des victimes, les accueillant sur ses terres. Paradoxalement, son mari sert dans l'armée lorraine.

lors de la première guerre mondiale les ruines vont retrouver un rôle militaire et accueillir plusieurs casemates.


ÉTAT ACTUEL

Le château était très étendu. Il subsiste une longue courtine de quelques cinq mètres de hauteur à l'ouest. Ces vestiges appartiennent à une vaste enceinte dominant tout le sommet de la colline. L'intérieur du château est envahit d'une végétation impénétrable. On y découvre plusieurs blockhaus du premier conflit mon

ACCÈS

A SAINT-MIHIEL, emprunter la ruelle des Capucins, puis escalader le très long escalier longeant les vestiges des fortifications urbaines. Le château est atteint après quinze minutes d'escaliers. Les ruines sont une propriété privées et seuls les extérieurs et les parties non clôturées sont accessibles. 


VUES DU SITE



Vue aérienne  ( Géoportail) - position du château et sentier d'accès en rouge.



Croquis des ruines ( réalisation personnelle)


Le château et la ville autrefois ( collection particulière)


Escalier d'accès et vestiges de l'enceinte urbaine


Arrivée au château


Courtine (excusez la mauvaise qualité de la photo)


Rocher supportant les parties hautes


Courtine Nord-Ouest


Courtine ouest


Lices ouest


arbre remarquable


Courtine Nord


Entrée actuelle


Vestige de bâtisse


Casemate 14/18


Intérieur du château



muraille

lundi 17 juillet 2017

CATHÉDRALE DE TOUL

LA CATHÉDRALE DE TOUL (54):

Remontant aux alentours de l'an 350, l'évêché de TOUL sera supprimé en 1776, suite à son démembrement afin de créer les nouveaux évêché de NANCY et de SAINT-DIE.

ARCHÉTYPE DU STYLE GOTHIQUE LORRAIN

SITUATION

La cathédrale de TOUL s'élève à l'Est de la ville fortifiée, à 209 mètres d'altitude. Elle voisine avec l'ancien palais épiscopal devenu hôtel de ville et un vaste cloître gothique.


HISTOIRE

L'édifice actuel est en fait le cathédrale édifié à TOUL, remplaçant des édifices plus anciens. La cité de TOUL, "TOLLUM" existait déjà à l'époque gauloise, la tribu des Leuques en avait fait sa capitale. Au IV° siècle la contrée est évangélisée par SAINT MANSUY (338-375). Le siège épiscopal connaîtra dix sept évêques canonisés : MANSUY, ALCHAS, GELSIMUS, AUSPICE, OURS (contemporain de CLOVIS), EPVRE, ALBAUD, DULCITIUS, PREMON, EUDOLIUS, BODON, JACOB, ARNULF, GAUZELIN, GERARD, ETIENNE DE LUNEVILLE, et SAINT-LEON qui fut le pape LEON IX.




SAINT-GERARD, évêque de TOUL


La première cathédrale détruite par l'invasion des Huns avait été érigée sur les ruines d'un temple romain. D'autres églises se succédèrent. Entre 963 et 967 l'évêque SAINT-GERARD fit bâtir une cathédrale romane afin de réunir trois basiliques pré existantes. Au XI° siècle,suite à une destruction la cathédrale que l'on reconstruit adopte un plan roman-rhénan, un chœur flanqué de deux tours. L'édifice actuel voit le jour vers 1220. La transformation de l'édifice roman en cathédrale gothique va s'opérer durant une longue période qui s'achèvera en 1497. L'histoire a retenu le nom de l'un des architectes qui va œuvrer à cette métamorphose: Mangin CHEVENOT, originaire de VICHEREY (88). L'ensemble s'inspire de REIMS et va servir de modèle pour les églises NOTRE-DAME de TREVES, l'église des Franciscains de COLOGNE ou la collégiale de WIMPFEN-IM-TAL (D). A l'origine, les tours gothiques possédaient des flèches gothiques ajourées. Le cloître actuel est construit par Pierre PERRAT avant 1400. Les travaux seront perturbés par la guerre opposant la Lorraine à la Bourgogne entre 1400 et 1460. Les travaux se terminent par la substitution du chœur roman par le chœur gothique entre 1331 et 1400. En 1460, le chapitre en appel au roi de France pour financer l’achèvement de la rosace de façade due à Jacquemin De LENONCOURT. Sur cette façade figure les rames de l'évêque Warry DE DOMMARTIN et celles du duc de Lorraine RENE II. En 1497, les cloches retentissent dans les tours flamboyantes.  Vers 1530, on édifie le dôme dit ''De la boule d'or'' et vers 1530, l'évêque Hector D'AILLY commande la chapelle abritant le tombeau des évêques qui est de style renaissance. La flèche de la tour Sud s'effondre, par soucis de sécurité la seconde flèche est a son tour abattue. 



SAINT-LEON évêque de TOUL, élu pape sous le nom de LEON IX


En 1648, l’évêché de TOUL est rattaché à la France, tout comme celui de METZ et de VERDUN afin de former la nouvelle province des TROIS ÉVÊCHÉS. C'est le début de la fin. Eu 1776 le territoire épiscopal est démembré, on créé des sièges épiscopaux à NANCY et à SAINT-DIE-DES-VOSGES, l'évêché de TOUL disparaît en 1790. Au XVIII° siècle, on construit des chapelles latérales dans la cathédrale. En 1794, on abat les statues qui ornaient la façade de l'église, le jubé, les stalles, les sculptures du cloître et de la nef disparaissent également. En 1824, l'évêché de NANCY prend le nom d'évêché de NANCY-TOUL. La cathédrale est classée Monument Historique sur la première liste de 1840, le cloître est classé en 1889.

Les prussiens endommagent la grande rosace et la façade en 1870 par des tirs. Les dégâts seront restaurés en 1874. Les malheurs des guerres modernes ne faisaient que commencer pour notre édifice. Le 19 juin 1940 un bombardement anéanti la tour sud, et un incendie ravage la charpente; Une charpente provisoire sera construite et perdurera jusqu'aux années 1980. Après une restauration de plusieurs dizaines d'années, la cathédrale a retrouvé sont aspect d'antan.





ÉTAT ACTUEL

Les tours culminent à 62 mètres ( 90 mètres avec les flèches disparues). La nef a une hauteur de 29,60 mètres. Le transept très vaste de repose sur aucune colonne ni aucun collatéral. C'est la plus grande ouverture gothique d'un seul tenant de France ( 22 mètres de hauteurs. Le cloître d'une longueur totale de 157 mètres sur trois galeries est le plus vaste de France.

Les sols de la cathédrale et du cloître sont constitués d'une multitude de pierres tombales et de gisants, même en dehors de la chapelle funéraire des évêques. 43 de ces gisants sont classés monuments Historiques. Parmi ceux-ci figurent les gisants de SAINT-MANSUY et de SAINT-GERARD.

Le palais épiscopal de style classique fait office d'hôtel de ville.

ACCÈS

Il n'est pas aisé de stationner un véhicule dans le vielle ville touloise. Il vous faudra atteindre la cathédrale à pied.


VUES DU SITE



Vue aérienne  ( Géoportail)



Plan (collection particulière)


La cathédrale


Façade


Tour Nord et rosace


Grand portail



Portail Sud


Croix de façade


Détail de la façade


Dôme de la boule d'or


Vue extérieure du transept et du chœur


La chapelle des évêques


La parc et les tours


La nef




La nef et les orgues



Le transept



Le chœur



Le sol au niveau du tombeau des évêques




Le sol constitué de gisants


LE CLOÎTRE



Entrée par la cathédrale



Entrée par la rue



Vue générale



Cloître et cathédrale



Dans le cloître



Coté Ouest


Comme dans la cathédrale, le sol est constitué de gisants

PALAIS ÉPISCOPAL


Entrée


Façade Est

jeudi 13 juillet 2017

CHÂTEAUX DE KIENTZHEIM

LES CHÂTEAUX DE KIENTZHEIM (68):

DEUX CHÂTEAUX DANS UN VILLAGE FORTIFIE

SITUATION

Les châteaux de KIENTZHEIM se trouvent sur l'ancienne commune du même nom aujourd'hui fusionnée avec KAYSERSBERGL'un borde les remparts du village, l'autre se trouvait au centre de celui-ci à environ 200 mètres d'altitude.




KIENTZHEIM se trouve au centre de la gravure. Un donjon est visible au milieu de la localité, c'est le château de REICHENSTEIN aujourd'hui disparu. A gauche, près la porte fortifiée s'élève le château dit de CASTREX ou de SCHWENDI.


 CHÂTEAU DIT "DE REICHENSTEIN" OU "DES IFS"

Il ne faut pas confondre ce château avec celui de REICHENSTEIN - voir ce nom, qui est situé sur la commune de RIQUEWHIR (68) .

HISTOIRE

Ce château épiscopal est érigé au XIII° siècle. La place est vendue en 1489 par le bailli Hans PROBST au comte Henri II de WURTEMBERG. Il va subir des transformations au cours du XV° siècle afin de la moderniser. Les baillis se succèdent: LUPFEN, WOLF, Sébastien de REICHENSTEIN. Au XVI° siècle le château est acquit par le bailli De LUPFEN qui va entièrement remanier la forteresse qui va perdre son caractère médiéval.

En fait, c'est un nouveau château qui voit le jour et qui sera dénommé CHÂTEAU DES IFS. La propriété est achetée en 1675 par Jean De BOISGAUTHIER issu de la de noblesse de Touraine. Le château est encore modifiée. Les BOISGAUTHIER s'éteignent en 1825. Un négociant en vins, Eugène LEY, le rachète et transforme le château suivant les besoins de son commerce. La famille De TURKHEIM acquiert les lieux en 1918, mais le château est frappé par des obus incendiaires en 1944. Les ruines sont rachetées par la commune qui restaure les bâtiments et les transforme en salle des fêtes. 



ÉTAT ACTUEL

Ressemblant d'avantage à une maison bourgeoise qu'à un château, le bâtiment a conservé un oriel portant les armoiries de Sébastien de REICHENSTEIN et de son épouse Barbe de WATTWILLER .

ACCÈS

Situé au 68 grand-rue, le château accueille aussi un restaurant. 


VUES DU SITE



Vue générale


L'oriel armorié (collection particulière)




 CHÂTEAU DIT "DE CASTREX" OU "DE SCHWENDI"


HISTOIRE



Ce château a été érigé par Jean Ier De LUPFEN mort en 1436. La place est en ruines lorsque Lazare De SCHWENDI la rachète au XVI° siècle. Il annexe la propriété voisine auparavant possession des Chevaliers de SAINT-JEAN de COLMAR et fait reconstruire la place entre 1563 et 1583. Le nouveau château sera le siège de la seigneurie de HOHLANDSBOURG - voir ce nom. Lazare de SCHWENDI a fait la guerre contre les Turcs et a rapporté de HONGRIE le cépage TOKAY qu'il va acclimater en Alsace. Lazare repose en l'église de KIENTZHEIM.  Le château restera propriété des SCWHENDI jusqu'en 1770.



Les sires De LEYEN


Le château passa aux LEYEN, puis à François REICH de PLATZ. Pierre ALBERT achète les lieux en 1793. Il fait combler les fossés et son épouse fait construire la tour Sud-Ouest. Le château accueillera l'historien Marie Philippe Aimé DE GOLBERY entre 1823 et 1854.
La famille DE CASTREX possédé le château en 1896. De nombreuse modifications des lieux sont entreprises dont la construction d'une terrasse et la pose d'armoiries des anciens occupants. En 1972, une confrérie viticole rachète le domaine. 



ÉTAT ACTUEL

Collé aux remparts et à la porte fortifiée, le château reste une propriété privée.

ACCÈS

L'entrée du château se situe peu après la porte médiévale du village. 



VUES DU SITE



Vue générale 



Le château et l'enceinte du village


L'entrée


La cour intérieure


L'ENCEINTE MEDIEVALE

Le village de KIENTZHEIM est entouré d'une enceinte fortifiée remarquable. J'ai un fort souvenir d'enfance, lorsque l'autocar des transports CITROËN (U53 à long nez) de la ligne SAINT-DIE - MULHOUSE s'engouffrait sous la porte fortifiée en frôlant les parois et la voûte. Les chauffeurs de l'époque étaient des champions. 



Rempart Nord



Tour Nord-Est


Rempart Est


Fossé Sud-Est


La porte


La porte coté village et le château CASTREX