vendredi 20 octobre 2017

CHÂTEAU DES FÉES

LE CHÂTEAU DES FÉES (88):

Le présent article est une réécriture d'un précédent consacré au même site motivée par une nouvelle visite des lieux.

ENCEINTE ÉNIGMATIQUE


SITUATION

Le CHÂTEAU DES FÉES se trouve sur la commune PLOMBLIERES LES BAINS (88), au hameau de CLAIREFONTAINE proche de RUAUX, dans la forêt du FAYS-BOIS,  à 450 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Les vestiges présentent un type de construction polygonal remontant au XI° siècle. Il est probable que la construction du château du temps des ducs de Lorraine THIERRY II Le Vaillant ou SIMON 1er Le Gros. L'abbesse de REMIREMONT n'acceptant pas cette construction sur ses terres aurait fait stopper les travaux qui seraient restés inachevés.

Au XIX° siècle, le site présentaient encore des courtines hautes de quelques trois mètres. Ces vestiges vont constituer une aubaine pour fournir les matériaux nécessaires aux  travaux entrepris à l'église de RUAUX en 1971-72 et en 1889-91.

Certains historiens attribuent l'origine des ruines à l'époque préhistorique ou celtique. Il est vrai qu'au centre de l'enceinte ce trouve des roches parallèles formant un couloir et divers fragments minéraux qui seraient les vestiges d'un dolmen. D'autres y on vu une construction gallo-romaine destinées à contrôler l'accès à la Séquanie. Une autre hypothèse propose un château fort primitif de l'époque mérovingien qui gardait la frontière entre l'Austrasie et la Burgondie.

Une légende locale y voit un port destiné à ancrer les bateaux circulant sur un  lac légendaire alimenté par le Rhin. La tradition locale attribue l'édification du château aux fées qui tiennent un rôle important dans les légendes vosgiennes. Certaines de ces dames ont des natures bénéfiques ; d'autres sont maléfiques comme la fée HERQUEUCHE assimilée à CARABOSSE...


ETAT ACTUEL

Nous sommes en présence de ruines dont l'aspect en rappelle d'autres comme les châteaux de KOEPFEL ou de PETIT RINGELSTEIN (voir ces noms). 

Les ruines délimitent une surface plane de 45,5 mètres sur 31 entourant un amas de grosses roches dont certaines semblent avoir été taillées. Sur les cotés sud, la pente raide est encombrée d'un chaos rocheux. Les murs larges d'environ un mètre sont constitués de blocs de pierre taillés montés sans mortier.  

Le "dolmen" possède une allée délimités par six roches hautes de 1,20 mètre. 

ACCÈS

Au hameau de CLAIREFONTAINE, laisser le véhicule à l'embranchement avec un chemin forestier proche d'un chalet construit en lisière de bois. Ne vous fiez pas aux panneaux indiquant le Château des Fées à deux heures de marche...

En fait vous atteindrez les ruines en quinze minutes en suivant le cheminement indiqué  en rouge sur la carte ci-dessous. 


VUES DU SITE



Plan d'accès


Croquis des ruines (réalisation personnelle)


Les ruines sur une carte ancienne. Aujourd'hui il ne subsiste plus
de muraille de cette hauteur, comparez avec les deux personnages assis
(collection particulière)


L'esplanade. Au premier plan le "dolmen"


couloir du "dolmen"


cônes d'éboulis



Côté Sud


Enceinte Sud-Ouest


Le rempart en vue intérieure


Le rempart en vue extérieure



chaos rocheux et rempart Ouest


Vue extérieure de l'angle Sud




Enceinte Sud-Est


Vue rapprochée, sans doute l'endroit représenté sur la carte postale ancienne


Coté Nord de l'enceinte

vendredi 13 octobre 2017

ABBAYE DE CHAUMOUSSEY

L'ABBAYE DE CHAUMOUSSEY (88):

ELLE S’ÉLEVAIT PRES DE L'ACTUEL SITE D'UN LAC ARTIFICIEL

SITUATION

L'abbaye de CHAUMOUSSEY se trouvait sur la commune du même nom, à 374 mètres d'altitude, au lieu-dit "L'abbaye" en bordure du réservoir de BOUZEY qui sert de réserve d'eau pour l’alimentation du canal des Vosges.


HISTOIRE

Au XI° siècle, Thierry de CHAUMOUSSEY fait don d'une terre à un religieux ascète solitaire nommé SEHERE venant de l'ermitage du SAINT-MONT près de REMIREMONT, pour y créer un oratoire au bord de l'Avière. L'établissement sera consacré en 1095. A la mort de Thierry, Josselin son frère conteste la donation et va infliger diverses vexations et pillages envers les religieux. SEHERE appelle à son secours le duc de Lorraine THIERRY II LE VAILLANT et l'évêque de TOUL. CHAUMOUSSEY devient subordonnée à l'abbaye SAINT-LEON de TOUL avant de devenir indépendante en 1094. En 1107 l'abbesse de REMIREMONT GISLA revendique l'autorité sur le monastère, obligeant l'évêque de TOUL à en appeler au pape. Le souverain pontife confirmera SEHERE à la tête de CHAUMOUSSEY  moyennant une indemnité financière due à GISLA. Cette dernière rejeta le jugement ce qui provoqua la convocation des deux parties devant le pape qui resta sur ses positions. 

SEHERE incita dès lors l'évêque de TOUL a officialiser la création de son abbaye. L'église abbatiale est consacrée le 1er octobre 1107 par la cardinal RICHER, légat du pape. SEHERE s’éteint en 1128. Il aura quarante deux successeurs et parmi eux les membres des familles nobles locales comme les DARNIEULES, les DOMPAIRE, les PARROY, les DE VAUX, les  CRAINCOURT, les LENONCOURT ou les BASSOMPIERRE... 

Au XVI° siècle l'abbaye est en pleine décadence. En 1586 François PATISSIER en est l'abbé. Il reçoit les vœux du jeune Pierre FOURIER en 1587, le futur SAINT-PIERRE FOURIER. Ce dernier est ordonné prêtre en 1589 à TREVES (D) , puis part faire des études à l’université de PONT-A-MOUSSON en 1591. De retour à l'abbaye en 1595 il va devenir de curé de MATTAINCOURT (88) - voir ce nom.

En 1653 l'abbaye se réforme et embrasse la congrégation de Notre-Sauveur crée par Pierre FOURIER. Pierre-François PATISSIER, neveu du précédent dirige le monastère. 

Les XVII° et XVIII° siècle marquent l’apogée de l'abbaye de CHAUMOUSSEY. En 1727 l'abbaye accueille seize moines qui vont entièrement reconstruire les bâtiments pour l'occasion de la béatification de Pierre FOURIER. La cérémonie est célébrée à l'abbaye les 5,6 et 7 juillet 1731.

A la veille de la Révolution CHAUMOUSSEY est dirigée par Stanislas-Louis DE BASSOMPIERRE. Elle exerce son autorité sur douze cures et un prieuré. Le 2 novembre 1789 l'Assemblée Constituante supprime les bénéfices ecclésiastiques. En 1792 les bâtiments sont vendus à un nommé HOENER imprimeur à EPINAL. Dès 1793 Le mobilier est dispersé, l'abbatiale et les bâtiments monacaux sont transformés en carrière de pierre. Tout va disparaître ne laissant que de maigres vestiges qui seront engloutis lors de la création du  barrage qui formera le réservoir de BOUZEY mis en eau en 1880 pour alimenter le canal des Vosges devenu nécessaire suite à l'annexion de l'Alsace. Le 27 avril 1895 à 5H15 le barrage cède alors que le niveau de l'eau n'est qu'à cinquante pour cent. On dénombrera 87 victimes et d'importants dégâts sur les commune avoisinantes. Cette catastrophe suivait un premier incident mal consolidé.






Vestiges du barrage après la catastrophe (collection particulière)

En 1997 des travaux d'assainissement mettent à jour des vestiges de l'abbaye dont une grande partie finira au remblais, provoquant un scandale. La pierre tombale d'un abbé et un sarcophage contenant des ossements ont toutefois pu être sauvé.



ÉTAT ACTUEL

Sur un bâtiment de ferme subsiste une partie reconstituée d'un mur de l'abbaye. Lorsque le niveau de l'eau du réservoir est très bas on peut voir les lavoirs de l'abbaye. D'autres restes sont visibles à GIRANCOURT (88), le maître autel remonté dans l'église et qui a été classé monument Historique le 27 décembre 1907, une cloche remontée dans l'église de BELMONT SUR BUTTANT (88), la chaire en l'église SAINT-ROMARIC d'UXEGNEY (88) et l'ostensoir conservé en l'église de DARNIEULES (88).

ACCÈS

A CHAUMOUSSEY suivre la rue de l'abbaye jusqu'au réservoir de BOUZEY. Le site de l'abbaye se trouve à l'Est du lac.


VUES DU SITE



vue aérienne situant l'emplacement de l'abbaye (Géoportail)



Plan de l'ensemble abbatial



L'abbaye au XVIII° siècle



Vestiges imbriqués dans un mur moderne



Maître-autel de l'abbatiale remonté à GIRANCOURT (collection particulière)

dimanche 8 octobre 2017

CHÂTEAU DE PONT-A-MOUSSON

LE CHÂTEAU DE PONT-A-MOUSSON (54):

LIEU DE NAISSANCE D'UNE REINE D'ANGLETERRE

SITUATION

Le château de PONT-A-MOUSSON se trouvait sur la commune du même nom. Il s'élevait au nord de la ville.  

HISTOIRE

Le site est une possession des comtes de BAR qui disposent de l'imposant château-fort de MOUSSON - voir ce nom, dominant la ville actuelle à l'est. Au pied du château se trouvait l'unique pont traversant la Moselle entre NANCY et METZ. Le 20 avril 1261 le comte Thiebaut II de BAR fonde la ville de PONT-A-MOUSSON qui est affranchie par la loi dite de BEAUMONT. La nouvelle cité s'entoure de remparts.

Robert 1er de BAR décide de la construction d'un château-fort en 1359. L'empereur CHARLES IV élève la seigneurie de PONT-A-MOUSSON au rang de marquisat en 1354, puis c'est au tour de la ville d'être promue au rang de cité en 1372. La forteresse est entièrement réaménagée en 1395.




Thiebaut II de BAR

En 1431, René 1er de BAR, comte d'Anjou, de Guise, de Provence et de Forcalquier, roi de Naples , de Sicile, de Hongrie, d'Aragon et de Jérusalem épouse la duchesse Isabelle de Lorraine, réunissant ainsi les domaines de BAR et de LORRAINE autrefois rivaux. Il entreprend le reconstruction complète du château en 1496. Le couple RENE 1er, ISABELLE engendra une fille prénommée MARGUERITE ( d'Anjou ou de Lorraine), future épouse du roi d'Angleterre HENRI VI. MARGUERITE vint au monde au château de PONT-A-MOUSSON ( voir château de KOEUR). En 1480 le duché de BAR revient officiellement à la Lorraine. Le fils aîné du duc régnant se fera désormais appeler MARQUIS DE PONT.

En 1572 le duc CHARLES III et son cousin le cardinal Charles de LORRAINE fondent une université gérée par les Jésuites suivant la bulle "IN SEPEREMINENTI" du pape GREGOIRE XIII. Au XVII° siècle, l'université de PONT-A-MOUSSON comptait jusqu'à 2100 Élèves. On y enseignait la théologie, les arts, le droit et la médecine. La présence de ces étudiants généra pas mal de chahut et de rivalité entre les divers quartiers de la ville.

La Lorraine est occupée par la France suite à la guerre de Trente-Ans. Le cardinal de RICHELIEU ordonne alors la destruction du château de PONT-A-MOUSSON. Le coup de grâce viendra en 1670 du fait des troupes du maréchal DE CREQUY.

Plus tard, les vestiges du château fort sont arasés pour laisser la place à la construction de casernes.



ÉTAT ACTUEL

Il ne reste rien du château de PONT-A-MOUSSON.



La tour dite de Prague est en fait le dernier vestige 
des fortifications de la ville (collection particulière)


mercredi 4 octobre 2017

CHÂTEAU DE BOUCONVILLE

LE CHÂTEAU DE BOUCONVILLE (55):

DEVENU EXPLOITATION AGRICOLE

SITUATION

Le château de BOUCONVILLE se trouve sur la commune de BOUCONVILLE SUR MADT (55), à l'est du village. Il a été transformé en exploitation agricole située à 229 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Le château apparaît historiquement au XIV° siècle, mais il est sans doute plus ancien. C'est une propriété comtale de la famille  DE BAR, tenue par la branche de BAR-PIERREFORT.  
Pierre 1er de BAR-PIERREFORT ( 1300 - 1348) cède la place à son fils HENRI (1348 - 1380). Il fonde une chapelle castrale tenue par des chanoines.

Avec Pierre II, fils du précédent (voir château de PIERREFORT), la lignée s’éteint. Ce noble au caractère guerrier et ombrageux est connu pour ses nombreuses razzias et exactions commises dans la région. Une coalition c'est formée pour mettre fin à ses agissements. En 1380 Pierre II se réfugie à BOUCONVILLE qui est assiégé. Le château tombe et Pierre trouve la mort au cours de la bataille dite de BOUCONVILLE.


L'histoire officielle s'arrête là, la suite n'est qu'hypothèses. Le château est certainement tombé au cours de la guerre de trente-Ans et ces ruines vendues comme bien de la nation seront transformées en ferme.

Lors de la seconde guerre mondiale BOUCONVILLE est au centre des combats du saillant de SAINT-MIHIEL et du MONTSEC. Le château sera fortement endommagé et de nombreuses parties féodales subsistantes disparaîtront à jamais.




ÉTAT ACTUEL

Il ne subsiste que les vestiges de la porte forte sur une surface rectangulaire qui, en vue aérienne révèle bien la taille du château-fort .

ACCÈS

A l'est du village, le château est parfaitement reconnaissable. C'est une propriété privée qui ne se visite pas. 


VUES DU SITE


Vue aérienne (Géoportail) le château est encerclé en rouge.


Le château au début du XX° siècle 




Dégâts dus au premier conflit mondial  (collection particulière)


Vue générale en 2017


Vue rapprochée de la porte forte

mardi 3 octobre 2017

CHÂTEAU DE VAUBEXY

LE CHÂTEAU DE VAUBEXY (88):

ANNEXE DU CHÂTEAU D'UBEXY

SITUATION

Le château de VAUBEXY se trouvait sur la commune du même nom, à l'est du village, lieu-dit ''LE CHÂTEAU", sur une élévation à 290 mètres d'altitude environ.  

HISTOIRE

On sait bien peu de chose sur ce château siège d'une châtellenie dépendant du bailliage de DARNEY et tenu par les seigneurs d'UBEXY (voir ce nom), dont la famille d'HARAUCOURT.


Le château est incendié au cours de la guerre de Trente-Ans vers 1638. Dès lors, il va servir de carrière de pierre et disparaître entièrement.

ÉTAT ACTUEL

Quelques traces de construction se devinent visibles sous la végétation, le site est envahit par un bosquet.

ACCÈS

Voir photo ci-dessous. 


VUES DU SITE





Vue aérienne (Géoportail) l'étoile rouge matérialise l’emplacement du château


samedi 30 septembre 2017

CARTE DES CHÂTEAUX DE MEURTHE ET MOSELLE

CARTE DES CHÂTEAUX DE MEURTHE ET MOSELLE:


La carte ci-dessous permet de localiser approximativement les châteaux et maisons fortes existantes ou disparues qui se trouvent sur le territoire du département de Meurthe-et-Moselle.  






jeudi 28 septembre 2017

CHÂTEAU DE HOMMERTBOURG

LE CHÂTEAU DE HOMMERTBOURG (57) :

Ceci est une ré-écriture d'un précédent article qui a été supprimé suite à une nouvelle visite sur le site.


CE CHÂTEAU EST UN MYSTÈRE


SITUATION


Le HOMMERTBOURG se trouve en contrebas du village d' HOMMERT (57) à 393 mètres d'altitude.


HISTOIRE

Quelques éléments de construction font penser que cette forteresse aurait pu être érigée vers l'an 1100. L'on ignore absolument tout de son histoire et de son nom réel. Elle est bien antérieure à la création du village de HOMMERT qui lui ne fut fondé qu'en 1623. Cependant il y a fort à penser que les maisons du lieux ont été bâties en exploitant les ruines comme carrière de pierre.


ETAT ACTUEL

Il ne reste quasiment rien de ce château qui semble avoir été imposant. Les rares vestiges totalement laissées à l'abandon sont constitués par des traces de murs  au niveau du sol qui pourraient presque passer inaperçues pour l’œil non exercé, sauf que par endroit, des bases de murs sont encore bien visibles.


ACCÈS

La ruine se trouve sur un rocher situé en contrebas de la rue du château qui s'embranche sur la rue principale à hauteur de l'église. Il n'y a aucun chemin balisé pour se rendre à ce château. Lors de ma première visite, un habitants du lieu m'a aimablement indiqué un cheminement à travers les prés et la forêt, mais Il a fallu traverser un ruisseau et plusieurs clôtures de parcs à bovins.

Je viens de tester un autre itinéraire. En venant de SARREBOURG par le CD 45,après le rond point de RETHAL, prendre la direction DABO. A la fin la route descente sinueuse, j'ai laissé le véhicule à l'embranchement d'un chemin forestier interdit à la circulation situé à proximité d'un étang privé. Il faut ensuite suivre à pieds ce chemin suivant le tracé en rouge marqué sur la carte ci-dessous.



VUES DU SITE



Plan d'accés


Croquis des ruines (réalisation personnelle)


Le chemin d'accès présente un pavage ancien


Première muraille à distance du château


Le château vu des fossés


Vestige de la construction carrée Est



Sous la construction carrée Ouest


La construction carrée Ouest


L'escalier


Sous le ''carré'' Est



Énormes moellons 


Vestige non identifié



Esplanade intérieure et escalier


Vestige de tour et éboulis


Partie Nord


Base de mur et rocher Est


La faille


Le champ d'éboulis Ouest


Sous le rocher Nord


Les rochers coté Nord-Ouest