vendredi 28 novembre 2014

CHÂTEAU D'EPINAL

LE CHÂTEAU D'EPINAL (88) :

SIÈGE D'UNE RÉPUBLIQUE


SITUATION

Le château d' EPINAL domine la ville préfecture du département des Vosges établit sur un mamelon surplombant la vieille ville à 387 mètres d'altitude.

HISTOIRE

Le premier château est édifié au X° siècle, vers 980 par Thierry de HAMELAND évêque de METZ.
Un voué y est nommé. Ce château était implanté sur la colline de CHAUMONT sur les ruines d'un édifice antique. Il est dit TOUR DES VOUES.

La ville de SPINAL est fondée sur un territoire appartenant initialement à la cité de DOGNEVILLE. Au XIII°siècle un nouveau château est bâtit en surplomb du premier. Les travaux sont dirigés par les évêques Conrad de SCHARFENECK et Jacques de LORRAINE. En 1225, les bourgeois d'EPINAL imposent leur indépendance à l'évêque Laurent de LICHTENBERG. La république d'EPINAL était née.

1356, le château est détruit par le tremblement de terre dit de BÂLE. Vers 1445, les spinaliens se donnent au roi de France CHARLES VII. Entre 1464 et 1500 l'artillerie équipe le château et les enceintes de la ville. En 1465 le roi LOUIS XI donne EPINAL aux Bourguignons. Les spinaliens s'opposent à cette décision, les Bourguignons assiègent la place et causent de gros dégâts. En 1466 EPINAL est rattachée à la LORRAINE mais l'évêque de METZ veut récupérer la ville et fait alliance avec la Bourgogne. Le 20 octobre 1475 CHARLES LE TEMERAIRE occupe la place mais il en sera chassé un an plus tard par le duc RENE II, celui là même qui allait briser le rêve d'expansion bourguignonne.


A partir de 1512 le château va être agrandit et entièrement remanié. 1516, construction de l'imposant pont levis et des trois tours pleines qui le supportait. Création des fausses tour, édifices creux sans toiture destinées à renforcer l'enceinte. Le château va atteindre sa taille actuelle : 

Guerre de Trente-Ans. 1633-1638, occupation du château par les armées du maréchal CAUMONT DE LA FORCE. 1635 CHARLES IV de LORRAINE reprend le château mais il ne pourra le conserver. 1636 épidémie de peste. 1637 retour de CHARLES IV. En 1641 le duc de LORRAINE rétablit les défenses du château ce qui valu une réaction française aboutissant à la reprise de la place le 23 août 1641. Le 16 août 1650 l'armée Lorraine reprend le château. Les spinaliens font allègement au roi LOUIS XIV le 18 juillet 1653.

Le 19 septembre 1670 CHARLES IV reprend la ville. Le château va subir 18 jours de siège au terme desquels les spinaliens seront condamnés à détruire eux-même leur forteresse possédant 14 tours ainsi que l'enceinte de la ville qui elle possédait 33.

Dès 1744 le duc de Lorraine LEOPOLD autorise l’exploitation des ruines comme carrière de pierres. En 1791, le château est vendu comme bien de la nation. Elle connaîtra plusieurs propriétaires avant d'être aménagée en jardin romantique au XIX° siècle. Monsieur Paul BROCART qui fait don des lieux à la ville d'EPINAL en 1857. Le parc du château va être créé, mais les ruines proprement dites vont être laissées dans un complet état d'abandon jusqu’en 1984 quand monsieur Philippe SEGUIN, maire d'EPINAL initie la réhabilitation du château classé tardivement Monument Historique le 26 mai 1992.

ETAT DES LIEUX

Le château restauré s'étend sur la pointe ouest du parc qui abrite entre autre des enclos animaliers et des aires de jeux enfantines. Une partie des murs visibles aujourd’hui résultent d'une reconstruction moderne facilement identifiable par le béton armé laissé brut.
Les souterrains sont aujourd'hui interdits de visite pour des raisons de sécurité. Il en existerait un kilomètre et demi. Des rangées de vigne rappellent au visiteur que le département des Vosges possédait un vaste vignoble avant l'invasion de phylloxéra au XIX° siècle.

La taille de cette forteresse demeure impressionnantes, la deuxième du département, 380 mètres de long sur 120 mètres de large soit l'une des plus grandes de France.

ACCÈS

Laisser le véhicule sur la parking du stade de la Colombière, l'entrée du parc du château est située juste en face.


VUES DU SITE



Croquis des ruines réalisé en 1973




Le château sur une vue ancienne (collection particulière)




Ce mur écroulé en biais était encore visible en 1973. Il a disparu lors de la restauration.




Toujours en 1973, les ruines étaient perdues dans les arbres




L'esplanade Est est occupé par un parc animalier




Bastion est et vue générale du château proprement dit




Le bastion Est et l'une des trois tours portes




Vue Sud des trois tours portes sur lesquelles s'appuyaient deux
ponts-levis




La porte forte implantée en aval des ponts-levis




Ensemble des trois portes successives




accès aux parties hautes




retournons-nous




vestiges de la première enceinte




Façade Nord du donjon




Le donjon côté cour




La courtine Nord




La cour supérieure




extrémité ouest de la cour




Défenses Sud




Tour d'artillerie




Les logis




Remparts Sud




EPINAL vue du château




La basse cour et le jardin médiéval




Façade Sud des logis




L'entrée des souterrains aujourd'hui condamnée




Courtine Sud vue en 1973




même lieu en 2014




Enfilade sur la courtine Sud




Les vignes




Rempart supérieur côté Sud




Le fossé séparant la basse-cour du château




débouché de ce même fossé




Le château vu de la basse-cour




Jardin médiéval avec deux cardons




Extrémité Ouest des remparts Sud




phénomène d’érosion des murs en grès




canonnière




Le mur d'artillerie




Les tours portes vues du mur d'artillerie




Les pavillons modernes de l'entrée

mardi 25 novembre 2014

CHÂTEAU-SUR-PERLE

LE CHÂTEAU DE CHÂTEAU-SUR-PERLE (88) :


CERTAINEMENT LA RUINE LA PLUS MÉCONNUE DES VOSGES


SITUATION :

Le château de CHÂTEAU-SUR-PERLE se trouve dans la vallée de la Vologne, sur la commune de CHENIMENIL (88). Il domine le village à 448 mètres d'altitude.


LES PERLES DE LA VOLOGNE 

Et oui, des perles issues d’huîtres perlières de l’espèce dite « Mulette allongée ». Ces mollusques d'eau douce vivaient dans les rivières du Neuné et de la Vologne qui à l'époque des ducs de lorraine s'appelait LA PERLE. Le mollusque était endémique de la rivière NEUNE qui est affluente de la Vologne qui a été peu à peu colonisée par celui-ci. Les perles trouvées dans ces huîtres étaient très recherchées et sont entrées dans la fabrication de trésors royaux. C'est toute une activité de pêche qui va se développer au cours des siècles.Parmi les bijoux réalisés figurent ceux d’Élisabeth d’Orléans, épouse du duc de Lorraine LEOPOLD 1er, ceux des abbesses de REMIREMONT, où ceux de Joséphine de Beauharnais épouse de Napoléon 1er.

Malheureusement, et pour cause de surexploitation, l'espèce du coquillage perlier a été anéantie et lorsqu'en 1828, la duchesse d'Angoulême désira un collier et un  bracelet de perles de la Vologne, elle ne put être satisfaite car la ressource avait disparue.

Quoi que...

HISTOIRE 

Le CHATEAU-SUR-PERLE est une construction tardive autorisée par le duc de Lorraine RENE II en 1473. Il est tenu Gérard d'HARAUCOURT sénéchal de Lorraine qui sera en outre chargé de veiller sur le commerce des perles. Une chapelle dite NOTRE DAME DES NEIGES sera édifiée dans l'enceinte du château et donnera lieu à un pèlerinage qui perdurera jusqu'au XIX° siècle, bien que cet oratoire eut disparu depuis longtemps.

Le château passa aux LENONCOURT. Charlotte, dernière représentante de sa lignée, dame du chapitre de REMIREMONT vend alors la place au curé de DOCELLES nommé PARISOT. En 1775 il est la propriété d'Antoine de CHAINEL qui a transformé la forteresse en y créant des jardins en terrasse au sud de la colline. Longtemps la noblesse des De CHAINEL fut contestée mais le duc Léopold Ier confirmera l'origine noble des châtelains le 10 août 1706. Philippe Antoine de CHAINEL recevra de 10 juin 1757 la seigneurie de CHENIMENIL et CHÂTEL-SUR-PERLE des mains du roi de Lorraine STANISLAS, puis le fief de TURKHEIM leur sera accordé par l'évêque de METZ SAINT-SIMON le 14 septembre 1759.
Les DE CHAINEL fuiront la France durant la Révolution. CHÂTEAU-SUR-PERLE est saisit et vendu pour 415 000 livres à des agriculteurs le 26 fructidor de l'an III.

Le château sera ensuite démantelé et exploité comme carrière de pierres.

ETAT ACTUEL

Les restes de ce château bien que très étendus sont dans un complet état d'abandon. Il ne subsiste que des bases de murs, dont ceux des terrasses des jardins du XVIII° siècle. Un puits d'une profondeur encore importante, une cave et un couloir souterrain, le tout littéralement mangé par la végétation.

ACCÈS


A CHENIMENIL, prendre la direction de RAMBERVILLERS. A hauteur d'un pont routier sur lequel passe la route d'EPINAL, laisser le véhicule. Suivre le chemin de champ jusqu'au niveau de la dite route , puis grimper sur la colline. On atteint les ruines après 10 minutes de marche.

VUES DU SITE



Croquis des ruines réalisé sur place




Je n'ai retrouvé aucune trace de cette maison (collection particulière)




Aspect général du site




A droite, le puits




Le puits et sa grille protection




Et là surprise! notez la construction, pierres, briques et roc




Bases de murs




Entrée des souterrains




La cave




Galerie voûtée




mur médiéval




Vestiges des terrasses




Autre vestige




Terrasse Sud




Enceinte Sud




Des restes de murailles se retrouvent un peu partout




Rocher Est




La végétation "mange" de château




Terrasse Sud-Est




Muraille Est




Gros moellon répertorié "5" sur le croquis