lundi 30 juin 2014

CHÂTEAU DE GUTENBOURG

LE CHÂTEAU DE GUTENBOURG (68) :


POSTE FRONTIÈRE


Impressionnante, étrange, fantastique, telle m'est apparue la ruine du château de GUTENBOURG en 1963. C'est à elle qu'appartient l'origine de mon intérêt pour les châteaux médiévaux de ma région.


SITUATION

Le château de GUTENBOURG est situé à 800 mètres d'altitude, construit sur un rocher impressionnant surplombant le village de LE BONHOMME (68), qui doit son nom à SAINT-DEODAT,  fondateur de SAINT-DIE-DES-VOSGES. Ce saint « le bon homme » aurait fondé le village. 


HISTOIRE

L'intérêt historique de ce lieu est bien modeste. Ce n'était qu'un poste frontière entre la Lorraine et l'Alsace sur la route du col du Bonhomme. La date de sa construction est inconnue. Il apparaît en 1162 comme propriété des comtes de DABO-EGUISHEIM. Il est appelé JUDENBOURG puis GOTENBOURG. Le château est confié aux comtes de FERRETTE, avant d'échoir à la famille de HABSBOURG qui l'inféode aux RIBEAUPIERRE. L'on ignore la cause et la date de sa destruction.


ETAT ACTUEL


Il ne subsiste que de rares vestiges du château, dont un mur rescapé du donjon et perché sur un roc inaccessible, un impressionnant fossé taillé dans le granit et des traces de l'enceinte et de la porte.

ACCÈS

On accède au site par un sentier fléché « Le château » situé entre deux maisons de la rue principale du village en dessous de la ruine. Il faut d'abord gravir un escalier assez raide, puis suivre un sentier en très forte rampe durant environ 15 minutes. L'on accède au château dont seul un côté est accessible sans danger. L'accès au rocher est possible (gare au vertige).



VUES DES LIEUX


Croquis des ruines réalisé en 2014



Le château vu depuis le village de LE BONHOMME en 1973



Les vestiges du donjon alors fraîchement restaurés en 1973




Vues prises en juin 2014


Vestiges de la porte d'entrée



Traces de l'enceinte extérieure



muraille



Le fossé séparant le rocher en deux parties



Le donjon



sentier d'accès au rocher



Accès au rocher



Le donjon



Panorama depuis le rocher, vers le col du Bonhomme

jeudi 26 juin 2014

CHÂTEAU DE FAÎTE

LE CHÂTEAU DE FAÎTE (88)

638 ANS D’ ACTIVITÉ MILITAIRE


SITUATION

Le Château de Faîte ou du Haut de Faîte surplombe à 884 mètres le col de SAINTE-MARIE emprunté par la route qui relie SAINT-DIE-DES-VOSGES à SELESTAT. Il est implanté sur la commune de WISEMBACH (88), seule commune du département des Vosges à posséder une toponymie germanique.

Les Alsaciens appellent ce château HOHENFIRST, un nom qui n'a aucun fondement historique.


HISTOIRE

Construit sur l'ordre de Thièbaut II de Lorraine en 1306, le château est alors appelé CHÂTEL-SUR-FAÎTE. Comme le HAUT-ECHERY, son rôle est d'assurer la sécurité des mines d'argent de SAINTE-MARIE-AUX-MINES, mais aussi de celles de LACROIX AUX MINES sur le versant lorrain de la montagne. La dernière mine de cette commune fermera en 1958.

Un châtelain est chargé de percevoir un péage au passage du col. On ignore si le château était encore habité quand en 1674, le duc de lorraine CHARLES IV, qui a été chassé de NANCY par les Français, essaie pour la quatrième fois de reprendre son trône à l'occupant. Revenant d'un exil en Franche-Comté à la tête d'une armées composées notamment de mercenaires suisses, CHARLES IV s'empare du château et s'y retranche. Agissant sous les ordres de TURENNE, Le comte de BOURLEMONT tente de l'y déloger sans succès. Charles IV victorieux fait un nombre impressionnant de prisonniers. Malheureusement, cette victoire ne lui permettra pas de reconquérir son trône.Il décède en 1675 et il faudra attendre 1697 pour que la Lorraine retrouve son indépendance avec le duc LEOPOLD .

A la révolution, le château est en ruines. Il est vendu comme bien de la Nation à un habitant de WISEMBACH qui va l'exploiter comme carrière de pierre.

1914, première guerre mondiale. La vielle forteresse va reprendre du service. Les français transforment les lieux en casemate. Allemands et Français s’entre-tueront pour la possession des lieux.

19 juin 1940, le site est occupé par le 230° Régiment de Fortification. Il sera délogé par les allemands qui occuperont les lieux jusqu'à ce que le 142° Régiment d'Infanterie américain ne les en déloge en 1944.


ETAT ACTUEL

Les vestiges d'origine médiévaux sont insignifiants. Le site est assez dangereux à visiter car en dehors du sentier qui le traverse, il truffé de galeries souterraines et de pièces métalliques fichées au sol et faisant saillie bien cachées dans la végétation.

Des casemates secondaires ont été construites à proximité de la ruine en employant les pierres du château.

ACCÈS



On parvient à la ruine en empruntant un sentier en forte rampe qui mène du col au sommet de la montagne. Son départ se situe près d'un restaurant à proximité de la pancarte indiquant le cimetière militaire.



VUES DU SITE



  

Croquis du site


 Casemate du XX°siècle construite avec les pierres du château




Entré actuelle et emplacement supposé du donjon



Vestiges de mur médiéval 




 La base de l'enceinte affleure en bordure de l'abîme



 Cône d’éboulis




vestige médiéval


Fossé




Abri 14/18




Le même fossé vu dans l'autre sens. Entrée d'une galerie 14/18



Reste de blockhaus



Vue des lieux au lendemain du premier conflit mondial (collection particulière)

mardi 24 juin 2014

CHÂTEAU DE REICHENSTEIN

LE CHÂTEAU DE REICHENSTEIN (68):


UN FORMIDABLE DONJON


SITUATION

Les ruines du REICHENSTEIN se situent sur la commune de RIQUEWHIR (68) à 425 mètres d'altitude. C'est une propriété privée.


HISTOIRE

Le château est cité en 1255 comme propriété des sires de REICHENSTEIN. En 1269, le château est occupé par une bande de brigands sous le commandement des fréres GISELIN. Une expédition punitive menée par Rodolphe de HABSBOURG se conclue par ma destruction de la place. Elle ne sera jamais reconstruite. La ruine pâtira du tremblement de terre de 1356 et seul le massif donjon subsistera jusqu'à nos jours. La ruine est classée Monument Historique depuis 1990.


SITUATION ACTUELLE




Le massif donjon haut d'environ 15 mètres présente encore les corbeaux qui soutenaient le pont volant d'accès depuis les logis qui ont disparu. A la base du donjon se trouvent deux brèches crées par les « chercheurs de trésor » du XIX° siècle. L'épaisseur des murs du donjon est impressionnante.


ACCÈS


Traverser complètement le village de RIQUEWIHR et poursuivre la route jusqu'à un étang précédant un carrefour avec une route forestière. De là emprunter le sentier balisé qui conduit à la ruine en 35 minutes.



VUES DU SITE



Croquis des ruines




 Le donjon est à peine visible dans l'épaisse végétation




L'accès au château 




 l’appareillage du donjon




La porte d'accès au donjon



  
Esplanade où se situaient les logis





Trous pratiqués par les chercheurs de trésor. Une pratique courante des XVIII° et XIX° siècle et que l'on retrouve souvent au pied des donjons vosgiens.

CHÂTEAU DE REICHENBERG

LE CHÂTEAU DE REICHENBERG (68):


UNE RENAISSANCE AU XX° SIÈCLE


Contrairement à ce qui est communément affirmé, le château du HAUT-KOENIGSBOURG n'est pas le seul château féodal du massif vosgien a avoir été reconstruit. Le REICHENBERG en est une preuve qui se confirme aussi au HUNEBOURG ou au CHATEAU SAINT-PAUL dans le Bas-RHIN.


SITUATION :

Le château de REICHENBERG est situé sur le territoire communal de BERGHEIM (68), en bordure de la route départementale menant de ce village à TANNENKIRCH.


HISTOIRE :

Le château naît au début du XII°siècle de la volonté du duc de Lorraine FERRY Ier. La place est inféodée aux comtes de RIBEAUPIERRE dont cette branche prendra le nom de REICHENBERG.

Dès 1236. Plusieurs membres de cette famille appartiendront aux Templiers. A la suppression de l'ordre Walter de REICHENBERG est le dernier de sa lignée. Le château est partagé entre le Duc de Lorraine et la famille de HABSBOURG. Cette partie sera vendue aux MÜLLENHEIM. L'autre partie est confiée  aux HATTSTATT vers 1374. Ces châtelains multiplièrent les intrigues contre le Duc de Lorraine. La réaction ne se fera pas attendre. L'armée lorraine arrive par la vallée de la Liepvrette. Elle étripe et viole la population avant d'atteindre le château et la partie qui n'appartient pas au duc est détruite.
Les HATTSTATT pourtant vassaux habituels de la maison de NANCY sont sommés par les HABSBOURG de quitter le château qui sera abandonné.

En 1525, le château inhabité est pillé par les Rustauds.

La ruine est laissée à son sort jusqu'en 1920. Monsieur Edmond BAPS, ambassadeur de France la rachète et y fait construire le château actuel. Il sera classé Monument Historique en 1995.

C'est une propriété privée qui ne se visite pas.



VUES DU SITE



 Le château en ruines sur une gravure ancienne


L'édifice actuel

lundi 23 juin 2014

CHATEAUX D'ESTUPHIN DE HAUT-KOENIGSBOURG ET D'OEDENBOURG

LES CHATEAUX D'ESTUPHIN DE HAUT-KOENIGSBOURG ET D'OEDENBOURG (67):

TROIS CHÂTEAUX QUE L'ON CONFOND



Lorsqu'on évoque l'histoire du HAUT-KOENIGSBOURG, beaucoup se plaisent à confondre l'histoire de ce château à la durée de vie si courte, avec celles des châteaux d'ETUPHIN et de KOENIGSBERG dit OEDENBOURG qui est situé à deux pas de ce « pauvre » HAUT-KOENIGSBOURG, qui n'a connu qu'une existence effective que d'un peu plus d'un siècle...

En fait sa notoriété vient du fait que l'empereur d'Allemagne Guillaume II en fit une résidence impériale où d'ailleurs il ne vint pour ainsi dire jamais...

Tout sent le faux dans un Haut-Koenigsbourg dédié à la mégalomanie germanique.

L'histoire de ces trois châteaux reste intimement liée et se trouve aujourd'hui confondue à tel point que comme on occulte la présence de l'OEDENBOURG aux visiteurs non avertis, on s'ingénie à attribuer au grand château une histoire qui n'est pas la sienne.

SITUATION

Ces châteaux sont situés sur la commune d'ORSCHWILLER (67) à 757 mètres d'altitude.




LE CHATEAU D'ESTUPHIN


HISTOIRE

Construit à l'emplacement de l'actuel HAUT-KOENIGSBOURG au cours du XI° siècle par Frédéric de BUREN, comte de Souabe et père de CONRAD empereur du Saint Empire Romain Germanique sur une terre appartenant à l'abbaye française de SAINT-DENIS. 
En 1147 le roi de France Louis VII, à la demande de l’abbé de Saint-Denis Othon de DEUIL intervient auprès de l'empereur, un HOHENSTAUFFEN, pour faire valoir les droits de l'abbaye sur le château d'ESTUPHIN. Louis VII sera débouté de sa demande. On sait qu'à cette époque le château possèdait deux tours.

ESTUPHIN est en fait un château Lorrain servant à défendre les enclaves lorraines de SAINT-HIPPOLYTE et de LIEPVRE. Le duc de Lorraine MATHIEU 1er inféode la place à Cunon DE BERGHEIM, puis à Henri de WERD, issu de la famille des châtelains de FORBACH (57). En 1197 l'évêque de Strasbourg Conrad de HUHNEBOURG hostile à l'empereur Philippe de HOHENSTAUFFEN, s'empare du château et le démantèle. Les ruines allaient connaître presque 300 ans d'abandon.





LE KOENIGSBERG dit OEDENBOURG


HISTOIRE

Construit en 1200 sur ordre de Philippe de HOHENSTAUFFEN à proximité immédiate des ruines de l'ESTUPHIN. Ce nouveau château est confié à THIEBAUT de Lorraine qui mourra empoisonné en 1200 sur ordre de ce même empereur. MATHIEU II de Lorraine inféode le château aux Landgraves de WERD dont la famille est originaire du château de FORBACH (57). En 1362, pour un prix de 10 000 florins d'or, le château devient la propriété de l’évêque de STRASBOURG Jean de LICHTENBERG. En 1395, le KOENIGSBERG devient une forteresse impériale inféodée aux sires de HOHENSTEIN, puis en 1398 aux RATHSAMHAUSEN.



Les nobles de HOHENSTEIN

Au début du XV° siècle nous y retrouvons les HOHENSTEIN. Le château de KOENIGSBERG devient alors un repaire de brigands dirigé par Valentin de NEUENSTEIN et Antoine de HOHENSTEIN. Jean de DAHN, prince palatin est enlevé en 1454 et retenu prisonnier au château. L'homme sera libéré après un long siège mené par l’évêque de STRASBOURG Robert de Bavière. Valentin de NEUENSTEIN sera emmené prisonnier. En 1462, Antoine de HOHENSTEIN est à la tête d'une véritable armée de brigands. Une coalition dirigée par la Maison d'Autriche le bloque avec ses compères au KOENIGSBERG. 17 canons vont faire feu sur la place du 22 au 27 octobre. Une brèche est ouverte dans les murailles, la place est prise et les brigands sont pendus aux merlons du château. Seul leur chef qui est noble est épargné. Il mourra en 1476 après avoir été déchu de ses droits. Le KOENIGSBERG avait vécu. Il devint l'OEDENBOURG, le château abandonné en traduction littérale. Il ne sera jamais relevé et servira de carrière pour la reconstruction de l'ESTUPHIN.

ETAT ACTUEL


Jamais ce château n'a aussi bien mérité son nom qu'actuellement. Les ruines sont envahies par la végétation et leur abords entièrement grillagés en font un site inaccessible. Pourtant la ruine est imposante et mériterait une sérieuse campagne de restauration. L'intérieur du château n'est plus accessible au public.



ACCÈS


Longez le HAUT-KOENIGSBOURG vers le sud et poursuivre sur le sentier au delà du monument. Après quelques centaines de mètres, les ruines du KOENIGSBERG se découvrent.



VUES DU SITE




Croquis des ruines (réalisation personnelle



Reconstitution (collection personnelle)




Le fossé





Vue générale du palais envahit de végétation en 2014




Le même lieu en 1978. Notez les roches mêlées aux murailles




Vestiges de l'enceinte extérieure



La tour pentagonale






Coté Ouest



Façade Ouest en 1980



Même lieu en 2014



Emplacement du donjon en 1980




Intérieur des logis en 1984




Une cheminée en 1984




Le bastion Nord



LE CHÂTEAU DU HAUT-KOENIGSBOURG


HISTOIRE

L'empereur Frédéric III de HABSBOURG ordonne la construction d'un château sur les ruines de l'ESTUPHIN en 1479. Le nouveau château sera grandiose mais son rôle sera strictement militaire. La citadelle qui prendra le nom de HAUT-KOENIGSBOURG est confiée aux sires de TIERSTEIN. En 1533, la Maison d'Autriche engage le château à François-Conrad de SICKINGEN qui l'équipe pour l'artillerie. Un puits est creusé par les mineurs de SAINTE-MARIE-AUX-MINES. Une importante garnison y est entretenue tout au long du XVI° siècle.




Armes des SICKINGEN

1618, la Guerre de Trente Ans éclate. Dés le mois de Juillet, les troupes suédoises à la solde du Roi de France assiègent le château qui capitule le 27 août. Livré au pillage, le château est incendié. Il ne sera plus reconstruit et passera aux mains de plusieurs propriétaires avant d'appartenir à la ville de SELESTAT.

Le 8 mai 1899 cette ville fait don de la ruine à l'empereur Guillaume II d'Allemagne. Celui-ci la fera relever par l'architecte Bodo Ebhardt qui y œuvrera de manière très contestable...

La ruine avait été classée « monument historique » en 1862 par les allemands. Le château est classé palais national en 1930. C'est aujourd'hui l'un des monuments les plus visités de France.

ACCÈS

On y accède facilement au château en véhicule. L'entrée est payante.





VUES DU SITE


LES RUINES


Vue d'artiste du XIX° siècle (collection personnelle)




Vue de l'intérieur (collection personnelle)





Les ruines vers 1995. Notez l'absence de donjon


LE CHÂTEAU ACTUEL




Plans du monument (collection personnelle)




Arrivée sur le site




Extrémité Nord




Ce moulin à vent est une pure fantaisie




Le donjon




Les logis




Coté Sud Est




Tour Sud Est




Tour Sud Ouest




L'enceinte




La porte d'entrée




La herse




Portes successives




Sous le donjon




Les communs




L’accès au chemin de ronde
Lieu de tournage d'une scène du film de Jean RENOIR
"LA GRANDE ILLUSION"




Au delà de cette porte, c'est payant




Accès au château




Seconde porte




Le puits




Escalier renaissance


Impossible de prendre des photos valables des intérieurs tant la fréquentation est importante, aussi, vous devrez vous contenter de ces vielles vues d'un autre âge, mais comme rien n'a changé...



La grande salle





La salle dite "Chambre lorraine"




La salle d'armes




Cour intérieure




Façade Sud des logis




Accès aux tours d'artillerie




Charpente de tour




Chemin de ronde




Chambre d'artillerie




Canon sur affût




Pièces en batterie sur la tour Ouest




Porte de sortie de la visite




Lices Ouest




Courtine Ouest