dimanche 20 août 2017

''CHÂTEAU'' DES SARRAZINS

LE ''CHÂTEAU'' DES SARRAZINS (88):

OPPIDUM CELTIQUE

SITUATION

L'oppidum dit "château des SARRAZINS" se trouve sur la commune d'ETIVAL-CLAIREFONTAINE. Il occupe le sommet de la tête de REPY à 492 d'altitude et englobe l'ensemble rocheux constitué par les roches de la PIERRE D'APPEL et de la POÊLE.


HISTOIRE

Au cours des années 1960, un projet d'implantation d'une antenne relais de télévision entraîne un chantier de fouilles archéologiques sur l'emplacement retenu pour les travaux. L'endroit nommé CAMP DES SUÉDOIS ou CHÂTEAU DES SARRASINS avait déjà fait l'objet de fouilles au XIX° siècle. Un important oppidum comprenant les vestiges de 37 constructions est mis à jour. Les sondages dureront de 1967 à 1969 pour aboutir au classement du lieu au titre des Monuments Historiques le 24 octobre 1969.

Pendant du camp celtique de LA BURE - voir ce nom, qui lui occupe la rive opposée de la Meurthe,  le site de la côte de REPY révèle une occupation humaine remontant à l'an 2000 avant J.C. L'oppidum Leuque aurait été édifié vers 250 avant J.C. Les lieux ont été désertés aux alentours de l'an 15 av J.C, sans doute détruits par les armées de l'empereur AUGUSTE en lutte contre les Germains. L'endroit revivra entre les années 150 et 230 comme l'ont prouvé des restaurations du système de défense datées de cette époque. Un cimetière païen datant des VI° ou VII° siècle a été découvert. Certains historiens pensent qu'une construction défensive a été aménagée au haut Moyen-Âge d'où la dénomination de "château". Au XIII° siècle, une ferme occupait encore le sommet de la tête de REPY.

Les fouilles ont permis d'établir que le site possédait des maisons dont les tailles maximum étaient de 15 mètres sur 6. Il y avait plusieurs sites métallurgiques sur lesquels on a découvert des scories et de nombreux objets de fer; il y avait aussi comme à LA BURE plusieurs lieux dédiés aux pratiques religieuses comme le BECHOT DES OISEAUX au sommet de la roche de la Poêle qui est une vaste cupule de 80 centimètres de diamètre.


ETAT ACTUEL

Des vestiges de murailles sont visibles sur la Pierre d'Appel. Le site s'étend sur 2,5 hectares mais les vestiges sont plus que discrets car la végétation a repris ses droits et il faut deviner l'emplacement des remparts et des fossés. Depuis la pierre d'Appel qui est un impressionnant ensemble minéral, la vue vers les vallées de la MEURTHE et du RABODEAU est unique. 

ACCÈS

A ETIVAL-CLAIREFONTAINE, passer devant l'abbaye , traverser le pont de LA VALDANGE et emprunter l'étroite rue qui s'embranche après ce pont. Après les dernières maisons stationner le véhicule au premier embranchement forestier. Un sentier mène au site en 40 minutes de forte montée.


VUES DU SITE



Croquis du site


La côte de REPY et la PIERRE d'APPEL


Sous les roches


Arrivée sur le site




Les roches


Le plateau rocheux



La "tour"


Roche de la POÊLE et le BECHOT DES OISEAUX
(Béchot en vosgien veut dire verre à boire ou bol)


Gros plan sur le "béchot"


Le rocher observatoire


Les fossés


Emplacement d'un chantier de fouilles


Les fouilles en 1971


Près des remparts en 1971


Traversons la passerelle pour jouir du panorama


Vallée de la Meurthe. Au second plan on voit
les papeteries de CLAIREFONTAINE


La vallée du Rabobeau et MOYENMOUTIER


Le château de la HAUTE-PIERRE ( voir ce nom)


L'abbaye de MOYENMOUTIER (voir ce nom)



L'abbaye d'ETIVAL (voir ce nom)


Vers SAINT-DIE et le HOHNECK


Hameau de SAINT-BLAISE et RAON-L'ETAPE

jeudi 17 août 2017

CHÂTEAUX DE FRIBOURG

LES CHÂTEAUX DE FRIBOURG (57):

A L'ORIGINE, UN CHÂTEAU ÉPISCOPAL

SITUATION

Les châteaux de FRIBOURG se trouvent sur la commune de même nom autrefois nommée FRIBOURG-L’ÉVÊQUE. L'un dominait une colline à 257 mètres d'altitude, l'autre se trouve face à la mairie à 238 mètres d'altitude environ.


LE CHÂTEAU DE TALBOURG

HISTOIRE

Ce château voit le jour en 1340. Sa construction est décidée par l'évêque de METZ Pierre de BAUFFREMONT. Son constructeur ne visitera jamais la forteresse qu'il a fait ériger. Le village situé aux pieds du château sera lui aussi fortifier. Chargé de défendre la route menant aux salines de MARSAL (voir ce nom), la place fut plusieurs fois au centre des conflits et l'objet de destructions et de reconstruction. Bien qu'abandonné, le château servait de refuge aux populations lors des razzias des armées messines. Pourtant en 1747 l’évêque  Claude SAINT-SIMON ordonne la destruction complète de la place qui fut rasée jusqu'à la dernière pierre. 


                                    VUES DU SITE


Vue aérienne  ( Géoportail) - Motte du TALBOURG 'étoile rouge) et nouveau
château (étoile bleue) .




La motte du TALBOURG




LE CHÂTEAU DE FRIBOURG

Il voit le jour au cours du XVII° siècle et sera la demeure de la famille PUISOT DE STOCK. Il sera élevé en contrebas des ruines du TALBOURG encore existantes lors de sa naissance. Toujours habité, le monument a été transformé en exploitation agricole.


ACCÈS

Je n'ai pu accéder au site du TALBOURG, quant au second château, c'est une propriété privée qui ne se visite pas. 


VUES DU SITE



Vue générale


Le château


Tour d'angle de l'enceinte

lundi 14 août 2017

CHÂTEAU DE BOUVRON

LE CHÂTEAU DE BOUVRON (54):

POSSESSION DES ÉVÊQUES DE TOUL

SITUATION

Le château de BOUVRON se trouve sur la commune de même nom. Il se trouve à l'est du village, à 225 mètres d'altitude . 


HISTOIRE

S'il existe à l'ouest du village un site nommé "LA MOTTE", rien ne prouve que cet endroit fut celui d'un château-fort.

Le château, situé dans la localité existait avant le XIII° siècle. C'est une possession des évêques de TOUL qui apparaît historiquement en 1215 lorsque l'évêque Renaud DE SENLIS s'allia au duc de BAR contre des bandes d' "Aventuriers" qui écumaient la région. Des garnisons relativement importantes furent stationnées dans les châteaux de BOUVRON et de LIVERDUN - voir ce nom. Le duc de lorraine THIEBAUT 1er en pris ombrage. Il assiégea BOUVRON qui fut détruit.

Le château fut relevé et inféodé par la duc de BAR à Henri DE CHERISEY en 1323, puis à Isabelle épouse du précédent en 1334 sous suzeraineté du comte de BAR EDOUARD 1er. A la fin du XIV° siècle siècle, le château échoit à la famille DE BAILLIVY. BOUVRON est redevenu fief de l'évêché de TOUL après un arrêt de la collégiale SAINT-GENGOULT de cette même ville. Le 21 septembre 1581 la seigneurie passe à la famille DE CABAR qui la conserveront jusqu'à la révolution. Le château sera vendu comme bien de la nation et transformé en ferme, usager qu'il conservait encore récemment. Entièrement restauré, le château reste une propriété privée qui ne se visite pas. 

ÉTAT ACTUEL

Le château présente un plan rectangulaire d'environ 90 m2. Deux tours de flanquement subsistent, ainsi que la porte principale ouvrant sur la basse-court.

ACCÈS

Le château se trouve près de l'entrée ouest du village. 


VUES DU SITE



Vue aérienne  ( Géoportail) - position du château (voir l'étoile rouge).



Vue générale


La porte et la basse-cour


Goulotte et canonnière


Tour Sud


Coté Ouest

vendredi 4 août 2017

CHÂTEAU DE MAIZIERES

LE CHÂTEAU DE MAIZIERES  (54):

UN CHÂTEAU ÉPISCOPAL DEVENU UNE HABITATION MODERNE

SITUATION

Le château de MAIZIERES ( autrefois MAIZIERES-LES-TOUL) se trouve en contrebas du village, au milieu d'un quartier neuf irrigué par la rue de Fort à environ 240 mètres d'altitude.


HISTOIRE

Le village de MAIZIERES est une possession de l'évêque de TOUL dès le XI° siècle. L'évêque Gilles DE SORCY fait construire le château entouré de douves. A la mort du prélat ( 1272) deux candidats à sa succession vont s'opposer. C'est Jean de LORRAINE, petit fils du duc MATHIEU 1er qui obtient la charge. Gautier de BAUFREMONT, candidat malheureux va se venger et investir les châteaux épiscopaux de BRIXEY (55), de LIVERDUN (54) - voir ces noms et de MAIZIERES. L'évêque en appelle au duc FERRY III qui reprend les trois places sans coup-férir. En 1347 le château est sous la suzeraineté de Thomas de BOURLEMONT, évêque de TOUL. Deux de ses vassaux Erard DE THELOD, seigneur d'ACRAIGNE aujourd'hui appelé FROLOIS et Pons d'HARAUCOURT s'emparent du château qu'ils incendient. L'évêque Bertrand DE LA TOUR D'AUVERGNE fait renforcer les défenses de MAIZIERES pour faire face aux bandes de soudards nommés "Bretons" à la solde des anglais qui menacent la contrée. Il confia la garde des lieux  au régent de Lorraine Burchard DE FENETRANGE qui y dépêcha une garnison. Malgré ces précautions la place fut prise en 1360 est très endommagée. 

En 1406 l'évêque est Philippe DE VILLE ( VILLE-SUR-ILLON - voir ce nom) . A sa mort, c'est son frère Henri qui lui succède. A partir de 1409 il fait restaurer la place qui est en fort mauvais état, de même que les châteaux de BRIXEY et de BLENOD-LES-TOUL - voir ce nom. Au XV° siècle les écorcheurs ravagent le château. Antoine de NEUFCHÂTEL, l'évêque le fait restaurer afin de se protéger des Lorrains ( nous sommes ici aux portes de NANCY). Jean II de Lorraine dépèche son fils Nicolas pour assiéger MAIZIERES qui tombera au bout de six jours. Antoine de NEUFCHÂTEL récupère rapidement son château et le restaure, mais le maréchal de Lorraine Jean VII de FENETRANGE reprend la forteresse mais en sera rapidement chassé par l'évêque. Mais un nouveau péril couve. Le propre frère de l'évêque Henri de NEUFCHÂTEL-BLÂMONT tente de s'emparer du château de son frère. Nous sommes en pleine guerre de conquête Bourguignonne menée par CHARLES LE TEMERAIRE et comme la famille de NEUFCHÂTEL est bourguignonne...

En 1585 le duc Henri 1er DE GUISE dit LE BALAFRE ravage à son tour le château de MAIZIERES l'évêque de TOUL est alors Charles de LORRAINE. En 1587 le château est tenu par Jean Blaise De MAULEON chambellan du duc CHARLES III, beau frère du roi de France HENRI II. En septembre les reîtres du duc de BOUILLON investissent le château. Le châtelain se repliera au château de L'AVANT-GARDE - voir ce nom. Les français occupent MAIZIERES de 1634 à 1635. RICHELIEU ordonne la destruction de la place. Tous les éléments défensifs furent rasés. Dès 1674 le château est transformé en ferme qui sera exploitée jusqu'au début du XXI° siècle.  

Après plusieurs années d'abandon ( 2001 - 2006), les bâtiments sont vendus. Entre temps la plupart des éléments historiques, portes, fenêtres avaient été démontés. Les vestiges sont finalement rasés, sauf le donjon d'habitation qui possède encore une belle fenêtre du XVI° siècle. Cette tour est devenue une maison d'habitation qui se confond avec les autres constructions neuves du quartier. 


ÉTAT ACTUEL

Mis à part la fenêtre précitée, peu d'éléments ne permettre de reconnaître un château dans l'édifice actuel.

ACCÈS

Au bas de la rue du Fort, le château est en bordure de rue au début d'un longue ligne droite. Seule une vue extérieure est possible.


VUES DU SITE



Plan vu sur un ancien cadastre  



Le château vu au début du XX° siècle (collection particulière)


Vue générale


Façade


vestiges de courtine



fenêtre renaissance




détail de la tour

CHÂTEAU DE CASENOVE

LE CHÂTEAU DE CASENOVE (54):


DEVENU UNE MAIRIE

SITUATION

Le château de CASENOVE se trouve sur la commune de MAIDIERES-LES-PONT-A-MOUSSON à environ 185 mètres d'altitude et constitue l'actuelle mairie de ce village accolé à la ville de PONT-A-MOUSSON. 


HISTOIRE

A l'origine, le château est une maison forte. Le 5 août 1489 le duc de Lorraine RENE II anoblit son premier valet de chambre Jacquet DE MARIA et lui inféode la seigneurie de MAIDIERES nommé fief de CASA NOVA qui deviendra par déformation CASENOVE. Ce nouveau seigneur fait édifier une modeste chapelle à proximité du château, la chapelle Notre Dame des anges. 

Le château passe à Claude-Dagobert MILLET, conseiller au bailliage de MIRECOURT à compter du 9 mars 1705. Le nouveau seigneur est aussi procureur du bailliage de PONT-A-MOUSSON. La famille tirait sa fortune de leur charge de fermier généraux du marquisat de HAROUE en 1646. Elle était aussi au service du maréchal de BASSOMPIERRE. Claude Dagobert devient secrétaire du duc de Lorraine CHARLES IV et ambassadeur envoyé à PARIS. Il est anobli le 6 juin 1661. l'Hôtel de Lorraine ( l’ambassade) est confisqué par le roi de France au cours de la Guerre de Trente-Ans. Dagobert rejoint son château de CRANTENOY (54) et occupe la charge de prévôt d'HAROUE passé à la famille de BEAUVAU-CRAON. Il siégera ensuite à la Cour des Comptes de NANCY et habitera alternativement MAIDIERES ou son hôtel de la place Carrière. Il mourra comme Conseiller d'Etat à la Cour souveraine de Lorraine et du Barrois. 

Le fils aîné de Claude-Dagobert héritera du château de CASENOVE. Il mourra en 1701 alors qu'il est président de la Cour des comptes de NANCY. C'est à cette époque que la famille prends le nom de DE CHEVERS. Jules-Marie-Léonard DE MILLET DE CHEVERS meurt sans postérité. Sa veuve vendra le domaine en trois lots. Le château sera acquit par la commune de MAIDIERES en 1828 qui en fera sa mairie. La chapelle, l'exploitation agricole et moulin seront achetés par des particuliers. 

Entre septembre 1914 et juillet 1915, MAIDIERES est une base arrière allemande pour les rudes combats du BOIS LA PRÊTRE. La chapelle fortement endommagée puis restaurée après le conflit. 

ÉTAT ACTUEL

L'ensemble château-chapelle sont en bon état. la cour, ancienne exploitation agricole de château est privée

ACCÈS

Le château se trouve à l'entrée Est du village. Seule la visite extérieure des lieux est possible.


VUES DU SITE



Vue aérienne, le château est entouré en rouge  ( Géoportail)



Vue générale au début du XX° siècle (collection particulière)


Vue générale


La porte et la poterne


pierre héraldique


La chapelle coté Est



Entrée de la chapelle


Tour et jardin



Le château